LA PRINCESSE ET LA MOITIE D’UN PAIN RASSIS

Ceci est le condensé d’un conte plus élaboré que je publierai prochainement.
Il y a, dans une contrée lointaine, un royaume gouverné par une splendide princesse. Ce royaume, vous ne pourriez l’atteindre. Il se situe au-delà de la portée de la voix la plus puissante. Cette princesse est jeune, belle, juste. La richesse de la cité provient de minéraux précieux que des émissaires transportent pour les vendre à des nations au-delà des frontières. Pour préserver le royaume de la convoitise, la grande prêtresse le dissimula des regards par l’intermédiaire d’un étrange sort. Les personnes qui s’égarent à sa proximité ne voient aucun domaine, mais uniquement une montagne infranchissable qu’ils contournent.
Dans cet endroit, les gens sont heureux. Il y a la prospérité et le bonheur. La princesse de la hauteur de sa jeunesse est persuadée de la grandeur de son règne.
Un soir, la reine fit venir sa grande prêtresse.
« Toi qui porte la sagesse, toi qui nous protèges, interroge l’oracle, ensuite, donne-moi une description élogieuse de mon peuple. »
La prêtresse, sans répondre, déroba son regard et baissa sa tête.
« Il y a chez toi, prêtresse, une dérobade. Quelle vérité me cache ?
– Ma reine, ma bonne et belle princesse, es-tu prête à accepter la réalité à propos de ton peuple ?
– Plus que jamais. Je voudrais que tu me dépeignes le bonheur de mes sujets à travers ma glorieuse action. »
Après un long silence, la prêtresse s’exprima :
« Ma douce reine, ton peuple vit dans l’hypocrisie, dans l’oisiveté et dans le vice. Voilà ce que je peux te dire. Le mieux est que tu t’en aperçois par toi-même. »
Incrédule, la jeune reine revêtit des habits de la simplicité et se mélangea avec les habitants de son Royaume.
Un sourire à un enfant, celui-ci répondit par une grimace. À une demande d’hospitalité, elle reçut des injures. On lui fit payer des aliments qu’elle distribuait gratuitement.
Son expérience fut douloureuse, elle devint mélancolique. Sur son flanc droit, une blessure apparaît. Elle fit appel aux plus vertueux des guérisseurs, sa mystérieuse cicatrice persistait.
Un matin, alors qu’elle était abattue, elle décida de chevaucher, solitaire, aux confins de sa cité qu’elle croyait bienheureuse. Alors qu’elle galopait, son cheval s’emballa. Un jeune homme la sauva. Ensuite, il l’invita dans son chez-lui, une modeste tente.
« Qui es-tu, jeune homme habillé misérablement ?
– Je suis un errant. Là où je m’arrête, je cultive la terre. Elle me nourrit, elle me donne refuge et le sens de la vie. Ensuite, je m’en vais ailleurs.
– Comment as-tu pu franchir le sort qui cache ma cité ?
– C’est avec mon cœur que j’ai pu voir ton royaume. Mais, je n’y vivrais pas.
– Que désires-tu ? Je suis la reine de ce royaume, je pourrais te combler d’or et de richesses.
– Je n’ai besoin de rien, ma reine. Mais, toi, que veux-tu pour que ton étrange blessure guérisse ?
– Ma blessure, ma cicatrice ne disparaîtra jamais. Elle représente ma vanité.
– Voilà ce qu’il vous faut. »
Il prit un morceau de pain rassis, le partagea en deux parties, en offrit une à la reine.
« Vaniteux jeune homme. Je ne peux accepter ce pain, des serviteurs me préparent les plus beaux des plats. »
La princesse s’aperçut que, dans cet endroit, sous cette bien modeste tente, en compagnie de ce jeune homme, sa cicatrice avait disparu.
Lorsqu’elle revint chez elle, elle était de nouveau mélancolique et sa blessure de nouveau présente.
Le soir, à la tombée de la nuit, alors qu’elle s’apprêtait à s’endormir, elle se leva, s’habilla modestement, chevaucha jusqu’à l’abri du jeune homme.
« Jeune inconnu, je voudrais goûter ce pain que tu m’as offert. Et que j’ai refusé. »
L’homme sortit d’un sac la moitié du pain du matin. Lorsque la douce reine le prit, elle sentit qu’elle était définitivement guérie. Sa cicatrice avait disparu pour toujours.
Elle ne revint plus jamais à son royaume. Elle accompagna le jeune homme à travers les régions. Avec lui, elle créa la vie à partir de son travail. Elle comprit, avec le temps, que c’était le véritable trésor.
Les émissaires du royaume, lorsqu’ils reviennent après un long voyage, ils décrivent un couple de sagesse. Certains affirment qu’ils le rencontrent dans chaque cité. D’autres sont persuadés que la jeune femme ressemble étrangement à leur reine disparue.
Après quelques décennies, une légende s’installe. Celle d’un jeune homme paysan accompagné de sa jeune épouse qui possède des allures aristocrates. Ils s’expriment avec sagesse, et, malgré le temps qui passe, ne vieillissent jamais.
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