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QUE POURRAIT ÊTRE LE MONDE ? Y SOMMES-NOUS ADAPTÉS ?

Dans des discussions quotidiennes, dans la réflexion philosophique, dans les écrits, on recourt au terme, monde, dans des phrases telles que : Le monde est absurde, le monde est injuste, le monde d’hier était meilleur.
Si, dans la banalité des discussions, l’usage de mot ne pose aucun souci, cela en est autrement concernant des dissertations philosophiques dans lesquelles on affirme, entre autres, qu’il est absurde.

Inexistence du monde

Les arbres, les oiseaux, les océans, les nuages, les montagnes sont des éléments disparates et inertes. C’est par notre imaginaire mental que nous les regroupons pour en faire un tout que l’on désigne par le terme de nature, celui d’univers, ou encore celui de monde. Nous engendrons des relations là où ils n’existent pas. Du moins, du point de vue de ce que l’on appelle monde.

Ces éléments n’ont aucune pensée, aucune âme, aucun esprit. À aucun moment, par leur volonté, ils ne décident de se grouper en une substance globale possédant sa propre logique. Ce qui peut réunir certains éléments c’est une symbiose inconsciente.

Des éléments ne possédant aucune conscience

Le tsunami responsable d’inondations et de la mort de milliers d’êtres humains n’a aucune conscience de son acte. D’un point de vue purement philosophique, on ne saurait dire de lui que c’est un criminel. Le tsunami ne pourrait être ni cruel, ni sournois, ni pervers. Il n’est jamais dans la préméditation d’un acte de destruction. Le Tsunami arrive au décours d’une série d’événements fortuits.

On pourrait dire de lui, dans un langage de banalité, qu’il est méchant. Il s’agit ici d’une représentation mentale populaire. Pareillement, par des superstitions religieuses, on pourrait y voir la punition divine.

Ce qui est vrai pour le tsunami l’est pour d’autres phénomènes. Le virus qui provoque une épidémie ayant entraîné la mort de dizaines de millions de personnes n’est certainement pas un criminel en tant qu’élément conscient. Il représente la rencontre d’une entité microscopique sans esprit avec un corps qui ne le supporte pas.

Incrimination philosophique du monde

Lorsque l’on évoque l’absurdité du monde, il s’agit d’une construction mentale incriminant quelque chose qui n’a pas d’existence. En effet, l’absurdité d’un monde, selon des philosophes, serait perçue en tant que perfection selon d’autres.

L’une des conséquences serait que, en tant qu’humains, nous évoluons dans une ambiance qui nous terrorise parce que nous pensons qu’elle pourrait agir contre nous. Fureur des éléments, fureur des tornades, etc.

Culpabilisation du monde

Souvent, après un désastre, on désigne un élément, dit naturel, en tant que fautif. Une tornade, des vents violents, une pluie abondante, de grandes chaleurs. Cette manière de procéder implique plusieurs conséquences :

– Transfert de notre culpabilité sur quelque chose sans conscience et inerte

– Genèse d’une angoisse de vivre dans un monde perçu en tant qu’absurde et en tant que menaçant

– Acquisition de mentalités de la fatalité. Le monde est ainsi fait, on n’y peut rien.

Ces conséquences peuvent entraîner une résignation par rapport à un monde que l’on a construit nous-mêmes. Au lieu de s’adapter, de prévenir, on subit.

Une mal adaptation au monde

Lorsque l’on considère le monde en tant qu’unité logique et consciente, ceci entraîne une conception d’un univers dans lequel nous faisons indubitablement partie. Ce fut le cas du stoïcisme. Ceci exclut définitivement le fait que l’on ne soit pas adapté à notre lieu d’existence. C’est-à-dire à la terre.

Si l’on considère notre condition d’humains, vivant sur la planète Terre, on peut dire que nous n’y sommes pas adaptés. Impérativement, nous devons boire, manger, nous protéger des intempéries dans un milieu inapproprié. C’est une lutte désespérée pour survivre, non pas en affrontant des dangers, mais pour y trouver nos ressources alimentaires, nos lieux de protection contre le froid et la chaleur.

Il est important de sortir de cette conception d’un monde possédant une conscience, une logique, pour mieux le comprendre. Lorsque cette étape sera franchie, théoriquement, il devient possible de trouver le moyen de nous y ajuster.

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