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VI-REPROGRAMMATION COGNITIVE GLOBALE ET CONTRÔLE DES ESPRITS PAR IMMERSION

Je voudrais rappeler que je vous propose une alternative au terme métapolitique qui est imprécis et confus. Je vous invite chaleureusement à lire les cinq articles précédents sur ce sujet. Je suis arrivé à cette conclusion, dans les nations démocratiques occidentales, pour diverses raisons que j’expliquais auparavant, on arrive à la création d’une réalité factice. Cependant, le plus préoccupant est que l’on finit par adhérer à l’ensemble des mensonges que l’on a créés. Rien n’est meilleur qu’une fable issue du monde arabe musulman pour illustrer mes propos.

Aujourd’hui, la maladie de Jouha

Il y a dans la culture arabe un personnage qu’on appelle Jouha. C’est un homme qui est, en même temps, malicieux et rusé ; bon et retors ; intelligent et idiot. Il n’est jamais pourvu de méchanceté intentionnelle.

Pour bien cerner l’individu avant de vous montrer sa relation avec les intellectuels, je vous propose une anecdote le concernant.

Jouha possédait une maison convoitée par une riche et cupide personne. Finalement, l’homme cupide finit par convaincre Jouha de lui vendre son bien. Il accepte à condition qu’un clou sur un mur demeure sa propriété. L’affaire fut conclue. Quinze jours après Jouha revient, il pénètre dans son ancienne maison, va directement à la pièce où se trouve son clou pour y accrocher son burnous. Du fait d’un clou qui lui appartenait, il put revenir dans son bien antérieur. Cette célèbre anecdote fait l’objet d’un proverbe, le clou de Jouha, pour évoquer un marché de dupes.

Maintenant que vous connaissez le personnage, examinons l’anecdote concernant les intellectuels promoteurs de la théorie du choc des civilisations.

Jouha est debout devant la porte d’une maison inoccupée. Un passant l’interpelle :

— Jouha, pourquoi regardes-tu cette maison, que se passe-t-il ?

— Il y a à l’intérieur un festin pour tous, répond notre farceur. C’est un canular.

Le passant rentre dans la maison, mais n’en ressort pas. La même scène se reproduit avec quatre autres curieux. Jouha est pris par le doute, et si réellement il y avait une réception dans cette maison qu’il sait pourtant vide ?

Et c’est ainsi qu’il y pénètre à son tour. Il a fini par croire à son propre mensonge.

Nos intellectuels sont la même posture. Dans un premier temps ils inventent quelque chose qui n’existe pas. Ensuite, cela se propage par le biais des médias créant une fantaisiste croyance qui sera reprise par d’autres penseurs. Il arrive souvent que ces intellectuels finissent par oublier que ce sont eux-mêmes qui ont créé cette ineptie. Ils affirment dès lors, voyez-vous ce que nous pensons est vrai puisque des penseurs le prétendent. Mais, les premiers penseurs ce furent eux !

C’est ainsi que les philosophes, non seulement finissent par croire à leurs propres mensonges, mais ils les corroborent à partir des déclarations de ceux-là mêmes qui y ont crus !

Ce phénomène de maladie de Jouha est beaucoup plus fréquent qu’on ne le pense dans le monde occidental. Il est responsable de beaucoup de rumeurs, de beaucoup de théories plus ou moins rocambolesques.

Vous aurez donc compris l’aberration. L’on engendre une fausse réalité, ensuite l’on finit par croire à ses propres affabulations. Chez Jouha il y une sagesse par l’ironie, chez les intellectuels par les peurs. 

NOTE : Nasr Eddin Hodja personnage à l’origine du mythe de Jouha était un grand soufi turc. Il arrivait par l’ironie à démontrer à certains le ridicule de leurs comportements. Il mérite d’être connu.


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