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CHRONIQUE : LA POLITESSE DES ABRUTIS

Un comportement se répand chez les piétons lorsqu’ils traversent un passage qui leur est réservé, et dans lequel ils sont prioritaires. Ce comportement consiste à saluer le conducteur d’une voiture qui s’arrête pour laisser les marcheurs traverser une rue. Faut-il le rappeler, toujours à l’intérieur des passages piétons.

Souvent, accompagnant ce remerciement, les marcheurs s’empressent de traverser aussi rapidement qu’ils peuvent ce passage que leur est dû.

Rien n’est plus fâcheux que cette attitude. Elle possède au moins deux conséquences :

– Remise en question du statut de piéton. Cette politesse signifierait, en tant que passant, je suis désolé de vous obliger à vous arrêter

– Je vous remercie pour m’avoir accordé ce qui m’est dû, de droit

Qui salue un conducteur qui respecte la priorité à droite ?

Devrais-je remercier une personne parce qu’elle ne s’est pas mise devant moi dans une file d’attente ?

On peut remercier un conducteur qui, renonçant à sa priorité, laisse passer devant lui une voiture bloquée dans le parking d’un supermarché pour lui épargner une longue attente.

Ce geste de remerciement, à force de se répéter, fait que le conducteur finit par l’intégrer dans son mental en tant que normalité. Ce simple droit du Code de la route se transforme en une faveur que le chauffeur voudrait bien accorder à cette pauvre personne qui ose traverser une avenue à l’intérieur de ces marques tracées patiemment par quelques braves techniciens. Et si, d’aventure, vous ne faites pas ce petit signe de remerciement, vous savez quoi.

Pis, dans le cas où le piéton hardi ne traverse pas assez vite selon le palmarès du chauffeur, il se fera conspuer. Cela m’est arrivé alors que j’avais mal au genou. Je n’ai pas pu traverser ce passage qui était le mien, dans le temps réglementaire selon les directives communes décidées par quelques abrutis derrière un volant.

Du reste, cela se voit aisément. Les voitures ont tendance à foncer sans retenue, lorsqu’il voit un passage piéton. Des fois qu’un abruti de marcheur posséderait la velléité de vouloir l’emprunter. À moins d’avoir le don de la lévitation, je vous conseille, à chaque fois que vous traversez à l’intérieur de votre passage approprié, de faire une autre politesse que ce salut à l’égard d’un conducteur trop zélé.

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