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ÉRASME, PRINCE DES HUMANISTES, OU PRINCE DES MYSTIFICATEURS ?

J’ai écrit quelques articles, publié des vidéos sur Érasme. J’ai porté sur lui quelques jugements largement favorables. Jugements que partagent de nombreuses personnalités le concernant. Cependant, avec le recul, je m’interroge sur l’efficacité de son action, d’autre part sur sa sincérité. Il est bon de rappeler ce qu’est l’humanisme du XVIe siècle.

XVIe siècle, fondement de l’Europe moderne

On assiste au cours de ce siècle à un bouillonnement culturel, théologique, scientifique, astronomique, politique. C’est au cours de ce siècle que s’est produite la réforme luthérienne, et débute celle anglicane.

Progressivement, on passe d’une vision cosmologique d’un univers limité, à celui chaotique et infini. Les rapports avec la mort se trouvent amplifiés par l’apparition de l’épidémie de la peste.

Enfin, l’accès à la culture devient possible pour un grand nombre d’individus du fait de la généralisation de l’imprimerie de Guttenberg.

Naissance de l’humanisme

Auparavant, c’était le cosmos qui était au centre de toutes les préoccupations humaines avec le stoïcisme. Ensuite, ce sera au tour d’une vision cosmologique dans laquelle la terre est au centre du monde. On se préoccupe davantage d’un système religieux conduit par le clergé que par les éléments humains qui constituent ce même univers.

Avec l’apparition de l’humanisme, un grand changement se produit. Les grandes préoccupations se concentrent sur l’humain lui-même. Ceci apparaît au niveau artistique. Des peintures ne décrivent plus exclusivement les cieux, les anges, mais des humains dans ce qu’ils ont de parfait et d’imparfait.

On s’oriente, progressivement, vers un esprit de démocratie. C’est-à-dire, que l’homme doit gérer sa propre destinée.

Érasme

Érasme, surnommé prince des humanistes, représente l’un des plus célèbre des philosophes du XVIe siècle. On lui doit, ce célèbre ouvrage, éloge de la folie. Il y fait une critique acerbe des systèmes ecclésiastiques de son époque. Bien qu’il critique le clergé, sa pensée est fondée sur l’Esprit du Christ.

Différence entre instaurer l’humain au centre des préoccupations, et que ce soit lui qui décide

Il existe une différence vitale entre le fait qu’un auteur comme Érasme plaide la cause de l’humain, critique des institutions religieuses, et que ce soient les humains eux-mêmes qui se placent au centre des intérêts. Je veux dire qu’au lieu d’un humanisme qui vient d’en haut, il eût été préférable qu’il provienne essentiellement d’une prise de conscience qui résulte des individus eux-mêmes.

Parler des humains représente une belle vertu. Mais, cette manière consiste à mettre les esprits des humains sous tutelle. Ce n’est pas à vous de réfléchir, mais à moi de le faire à votre place.

Il eût été plus juste de reconsidérer l’humain en tant qu’élément, indissociable de l’univers, s’exprimant pleinement.

Érasme écrivit quelques libelles à l’encontre de l’église, quel en est l’intérêt pour le simple citoyen qui reste ainsi marginalisé ?

Mon interrogation est la suivante, Érasme, par sa vanité, au contraire, n’aurait-il pas participé à une mise sous sujétion de la pensée libre ?

La situation qui traverse l’Europe actuellement, et dans laquelle ce sont des intellectuels, des philosophes, des politiciens qui réfléchissent, n’est-elle pas la conséquence directe de la pensée d’Érasme ?

C’est un ensemble de questions qui traversent mon esprit. Ma réponse, sans équivoque, Érasme a péché par vanité. À bien réfléchir, son apport me semble inexistant. Finalement, il se serait essentiellement fait plaisir avec quelques écrits, quelques invectives, quelques règlements de compte. La peinture que nous avons de lui représente un homme, assurément, orgueilleux.

Pour connaître Érasme, je vous invite à regarder la vidéo que j’ai consacrée sur sa philosophe sur YouTube :

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