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TYRANNIE, SOUMISSION, SURENCHÈRE DANS LES SERVITUDES

La soumission dans les dictatures représente une bien grande énigme. Alors que des pays vivent sous la démocratie, d’autres persistent à évoluer sous la tyrannie d’une seule personne. Ce qui est inquiétant, ce sont les comportements de soumission d’une population asservie.

Surenchère par le manque de mots

Lorsque l’on examine la dictature ancienne de Staline, ou encore celle récente de Kim Jong-un, on ne peut qu’observer les termes de comparaison que l’on consacre au despote.

De Staline, on disait de lui qu’il était le mécanicien en chef, le petit père du peuple, l’homme d’acier, le grand mécanicien de la locomotive de l’Histoire ». On a même composé une belle cantate pour lui.

Sous Kim Jong-un, de jeunes femmes manquaient de mots pour décrire la splendeur du président. On le compare à une fleur fine introuvable, à une jolie colombe. De jeunes sportives de haut niveau éclatent en sanglots parce que le président leur a serré la main.

Quel est donc le mystère de cette dévotion ?

Les méthodes pour soumettre un peuple ont été étudiées par d’éminents philosophes. Particulièrement, la Boétie. Concernant les deux dictateurs cités, il y a un recours à la fierté nationale, à l’orgueil et à la vanité populaire.

Staline, parce qu’il a donné à la Russie défaillante une industrie, une technologie puissante, l’arme nucléaire, a pu bénéficier d’une ferveur populaire. En effet, personne ne pouvait soumettre la sainte Russie.

Pareillement, pour le président nord-coréen. Ce pays dispose de la bombe atomique, il est craint par ses voisins, et même par les États-Unis d’Amérique.

Ce sentiment d’orgueil l’emporte largement sur la condition des pertes de liberté.

Il se peut qu’un facteur intervienne largement dans le maintien de la soumission. Lorsque le président despote fournit aux citoyens des services de base, tel qu’hospitaliers, sociaux, éducatifs, les gens l’adulent sans se préoccuper de leurs droits individuels perdus.

Danger des tyrannies lorsqu’elles se prolongent

Les dictatures, lorsqu’elles s’installent dans la durée, auront au moins deux conséquences :

– L’incapacité de la nation de se prendre en charge si la tyrannie disparaît. En effet, les citoyens sont habitués à ce que l’on gère à leur place tous les aspects du quotidien. Progressivement, ils perdent le sens même des initiatives. Lorsque ce sentiment s’installe, il pourrait durer durant au moins deux générations. Ce n’est qu’ensuite, que, péniblement, les individus envisagent de se prendre en main. L’une des répercussions est que, lorsque ce pays sort de son marasme, il se trouve dépassé par d’autres.

– L’autre conséquence que la tyrannie peut engendrer consiste en une peur irrésistible qui pourrait se prolonger sur une ou deux générations. La peur viscérale se transmet de père en fils. Comme pour le premier cas, lorsque la peur disparaît, le pays peut être confronté à son retard.

En conclusion

Rien n’est acquis affirme l’adage. Ces si belles libertés acquises risquent de disparaître lorsque les individus s’engagent dans les théories extrêmes, ou bien encouragent le retour d’un nazisme rampant toujours présent.

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