RAPPORT PISA, UNE RÉELLE BAISSE DU NIVEAU SCOLAIRE ?

Le dernier rapport PISA vient d’être publié. Ses conclusions sont extrêmement préoccupantes lorsqu’on les considère à première vue. Une baisse globale du niveau scolaire des adolescents se poursuit. Elle intéresse l’ensemble des pays. Il est impératif de considérer le rapport lui-même, ainsi que ses conclusions.
Une constatation ancienne
L’affirmation selon laquelle le niveau scolaire diminue n’est pas nouvelle. Elle date d’au moins une cinquantaine d’années. D’anciennes élèves, essentiellement de l’école primaire, déplorent que la génération nouvelle n’arrive pas à maîtriser les problèmes de fumiers ou de robinets. Ces exemples de problèmes de calcul et de jugement étaient courants dans les écoles primaires des années 50 et 60. Leur trouver une solution représentait une immense fierté.
Que vaut cette évaluation ?
Lorsque l’on s’intéresse au protocole PISA, on ne saurait que faire un rapprochement avec un audit auxquelles on soumet une entreprise. On eût dit que l’on évaluait la compétitivité et la productivité des écoles.
Un enfant est autre chose. Ce n’est certainement pas le cliché d’un moment donné. Il représente un ensemble comprenant son éducation, sa personnalité, sa relation avec ses parents, avec son entourage, ses peurs, ses angoisses.
Évaluer des compétences sans tenir compte de ce qu’est une enfance me semble hasardeux.
Des coupables qui ne le sont pas, des propositions aberrantes
À la suite des conclusions de ce rapport, on arrive aux conclusions suivantes :
– Les parents ne s’occupent pas de leurs enfants.
Dans les faits, cela est vrai. En effet, un enfant est confié tôt à des structures gérées de manière directe ou indirecte par l’État. Crèches, garderies, maternelles. D’autre part, durant le peu de temps qu’un enfant passe avec ses parents, il est sous surveillance étatique. Au moindre dérapage, l’assistant social intervient. Les parents auront l’impression qu’une épée de Damoclès se situe en permanence au-dessus de leur tête. Généralement, ils cèdent devant la pression de l’élite. Ils éduquent leurs enfants selon des directives imposées. Finalement, la conclusion logique est que la responsabilité de l’État est réelle dans l’affaiblissement du niveau scolaire.
– C’est la faute aux écrans, Smartphones, etc.
La question essentielle demeure, pourquoi les enfants sont accrochés aux écrans. Dans ces situations, la conséquence revient à l’élite dominante. Tout a été fait, tout était entrepris pour que les enfants soient confinés dans les maisons. Alors qu’ils ont besoin de jouer dans la rue. C’est bien dans la rue, dans ses jeux, que des enfants s’épanouissent, fréquentent d’autres, font des découvertes d’autres quartiers, etc.
En ce moment, pour jouer, les enfants se réfugient dans le numérique, l’électronique. Priver les enfants de la rue, consiste simplement à les priver de leur enfance.
Des réponses inadaptées et dangereuses
Ensuite, on propose quelques réponses inadaptées. Ainsi, un ministre voudrait que l’on mette les enfants tôt dans les crèches. Tandis que d’autres voudraient punir les parents. Tout ceci est strictement inutile et ne résoudra rien. C’est le strict contraire qu’il faudrait faire. C’est-à-dire, laissez plus de temps à la relation parents enfants. Permettre aux enfants de quitter leur univers numérique pour découvrir celui réel de la rue.
Les institutions de l’État ne doivent plus avoir une mainmise sur l’enfance. Ils devraient cesser de se mêler de la relation entre enfants et parents. Ni imposer la manière dont les enfants doivent jouer.
Il ne faut pas voler l’enfance des enfants
Un enfant n’a nul besoin d’aller dans une structure gérée par l’État. Ce qui fait un enfant heureux, ce sera avant tout, des parents aimants, un entourage bienveillant, une école primaire où l’on s’y plaît.
Toujours, cette phase indispensable pour le développement de l’enfant et de son futur apprentissage, jouer jusqu’à en perdre haleine dans la rue.
Lorsque cette phase est accomplie pleinement, nul besoin de tester un quelconque niveau. Après l’adolescence, quel que soit le score que l’on pourrait évaluer, l’adulte en devenir, par l’usage de sa raison, saura quoi entreprendre le moment venu.
Autrement, vous provoquez des enfants frustrés, dont aucun protocole ne saurait mesurer le nombre de défauts qu’ils auront une fois adultes.
Commencer l’éducation scolaire à un âge tôt, dès l’âge de deux ans, est un acte de délit intellectuel. À trop vouloir former les enfants, on les convertit en de dociles fonctionnaires, ou en de résignés ingénieurs. Le risque est grand de créer une génération de crétins savants.
Remodelage des esprits
L’éducation n’est pas destinée à fournir les futurs citoyens qui se lèvent tôt pour voter. Ceci représente un danger tant pour la démocratie, pour la nation, que pour les citoyens eux-mêmes. C’est du reste ce à quoi nous assistons en ce moment.
Actuellement, émerge une génération de jeunes aux esprits modelés, ayant perdu le sens de la perspicacité, le sens critique, définitivement celui de la sagacité. Aisément manipulables par les extrêmes politiques.
Le danger est grand.
Si, d’aventure, l’État voudrait, face à un danger, mobiliser les citoyens, ce sera peine perdue. Personne ne sera en mesure de comprendre les enjeux et la gravité de la menace. Ce que je voudrais dire est qu’il ne faudrait pas, par une évaluation aussi savante puisse-t-elle être, modeler un enfant selon l’image que se font quelques intellectuelles de lui. Mais bien former des adultes responsables qui seront, au moment voulu, affronter leur destin.
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